DJAMEL TATAH. Répéter-muter
Exposition du 22 mai au 20 septembre 2026
Musée des Beaux-Arts & musée national Magnin, Dijon
Déployée sur deux sites emblématiques du patrimoine dijonnais, l’exposition s’appuie sur une ligne de force de l’œuvre de Djamel Tatah : la répétition. Des figures humaines surgissent indéfiniment dans de grands aplats colorés. Rien n’est jamais identique pourtant. Des mutations subtiles s’opèrent entre les tableaux par des variations chromatiques, des recadrages, des inversions ou des dédoublements. Dans ce théâtre de la répétition, l'artiste met en jeu l’hybridation comme amour des formes et invite à interroger la persistance des tragédies collectives.
L’introduction de l’estampe, développée en collaboration avec l’atelier Michael Woolworth, prolonge ce principe. En transposant la figure peinte vers d’autres matérialités - bois gravé, lithographie, impressions monumentales et supports textiles - l’exposition rend visible le passage d’un médium à l’autre comme un processus actif de transformation.
Au musée des Beaux-Arts de Dijon, plus de quarante œuvres provenant de collections publiques françaises, de collections privées et de l’atelier de l’artiste attestent de la dynamique de l’œuvre depuis ses premières recherches picturales jusqu’aux créations les plus récentes. Une salle, en particulier, propose un agencement d’œuvres issues de plusieurs collections publiques, dont le musée des Beaux-Arts de Dijon, avec des documents photographiques issus de son cabinet de dessin, des peintures sur papier et des lithographies. Le parcours présente également deux œuvres inédites inspirées de l’un des chefs-d’œuvre des collections dijonnaises, le panneau de Konrad Witz, L’Empereur Auguste et la sibylle de Tibur, daté d’environ 1435.
Au musée national Magnin, le propos se recentre sur la chute, depuis la cage d’escalier de l’hôtel Lantin avec la présentation de l’œuvre Vois là jusque dans trois salles du rez-de-chaussée. Les corps basculent ou s’immobilisent, les figures glissent, se soustraient. Des tableaux de plus petits formats et de nombreuses lithographies dialoguent également avec les collections permanentes, soulignant la continuité du regard et des émotions à travers les siècles.
Commissariat général : Frédérique Goerig-Hergott, conservatrice en chef, directrice des musées de la Ville de Dijon & Sophie Harent, conservatrice en chef, directrice du musée national Magnin.
Commissariat scientifique : Caroline Fournillon-Courant, responsable scientifique des collections XXe / XXIe siècles, direction des musées de la Ville de Dijon & Sophie Harent.
Catalogue d’exposition aux éditions In Fine.
Auteurs :
- Alfred Pacquement, conservateur général honoraire du patrimoine et ancien directeur du Musée national d’art moderne - Centre Pompidou
- Éric de Chassey, directeur de l’École nationale supérieure des beaux-arts, Paris
- Caroline Fournillon-Courant
- Sophie Harent